Cannibales par Régis Jauffret

 

Cannibales Régis Jauffret
Cannibales par Régis Jauffret, 192p., Seuil; 17,00€ papier / 11,99€ EPUB

Résumé

Noémie est une artiste peintre de vingt-quatre ans. Elle vient de rompre avec Geoffrey, un architecte de près de trente ans son aîné avec qui elle a eu une liaison de quelques mois. Le roman débute par un courrier d’elle adressé à la mère de cet homme pour s’excuser d’avoir rompu. Un courrier postal plutôt qu’un courrier numérique qu’elle craindrait de voir piraté. Une correspondance se développe entre les deux femmes qui finissent par nouer des liens diaboliques et projeter de dévorer Geoffrey.

Les deux femmes sont des amoureuses passionnées. La vieille dame a donné à son fils le prénom du seul homme qu’elle ait jamais aimé, mort accidentellement avant son mariage. Noémie est une « collectionneuse d’histoires d’amour », toujours à la recherche de l’idéal tandis que Geoffrey s’efforce sans succès d’oublier cette amante qu’il a adorée.

Un sauvage roman d’amour.


Biographie

Régis Jauffret, né le 5 juin 1955 à Marseille, est un écrivain français.

Qualifié d’écrivain de la folie et de la cruauté il met en scène, dans des romans parfois inspirés de fait-divers, et dans des textes courts (microfictions), des personnages marqués par les « souffrances, humiliations, rapports de domination, désirs refoulés », la plupart du temps sous forme de monologues.

 


Critique littéraire

En fermant « Cannibales » sur sa quatrième de couverture, cette lecture me laisse perplexe. Régis Jauffret nous offre un style d’écriture très spécial, cru, dur, bourré de sous-entendus, sollicitant toute notre réflexion indispensable à l’attribution d’un quelconque sens logique à chacune de ses phrases.

Le roman est structuré en lettres manuscrites échangées entre Noémie, peintre, et son ex belle-mère, Jeanne, qui profite pleinement de sa retraite bien à l’abri du besoin. Ces lettres ont d’intéressant qu’elles sont toutes, sans exception, écrites sous forme de métaphores. Deux femmes appartenant à deux générations différentes, liées par les liens de l’amour et de la paternité à un même homme, ex compagnon pour l’une, fils pour l’autre, se verront se lancer dans des réflexions sur des sujets aussi graves qu’innocents, tristes comme joyeux, choquants comme habituels au quotidien. Cherche-t-on continuellement à embellir notre partenaire pour pouvoir l’accepter entièrement dans notre réalité ou l’accepte-t-on avec tous ses défauts? Jusqu’où l’amour peut-il aller? L’amour nous aide-t-il à laisser toute sa liberté à l’autre ou bien à prendre entière possession de lui? Quand commence la folie? Sous quels angles peut-on voir le deuil? Ce sont des lettres déguisées pour aborder l’actualité, parler plus en profondeur de la vie.

Le roman devient d’autant plus intéressant à l’intervention de Geoffrey, qui recevant un jour une lettre de la correspondance Noémie-Jeanne par erreur, se mit à correspondre avec ces deux dames qui ne sont autres que les deux femmes de sa vie chacune à leur façon.

Même si les propos contenus dans les lettres sont pour le moins choquants, on ne saurait s’empêcher de s’apercevoir de l’ inconditionnel sentiment d’amour éprouvé par chaque expéditeur envers son destinataire. Parfois le sens des phrases semblant si grave se retrouve bouleversant et émouvant.

Le cannibalisme mentionné dans le titre du roman apparaît comme une magnifique métaphore de l’amour: aimer l’autre si profondément, jusqu’à vouloir le dévorer.

Je ne sais si je suis déçue ou satisfaite de la fin du roman, tant la chute de celui-ci me prit au dépourvu. Rien ne laissait présager ces dernières pages qui me laissent cependant quelque peu sur ma faim. Je conseillerai ce livre à toute personne voulant découvrir un style d’écriture et des tournures de phrases extraordinaires et surprenantes. Ce fut une véritable découverte.


Vous vous imaginez que les hommes nous recherchent pour le plaisir de prendre notre corps, pour les nuits agitées qu’on leur procure, pour notre habilité à les faire grimper au paradis d’un baiser sur leur arbrisseau? Nenni, madame, ils veulent nous habiter, nous occuper comme un pays conquis, teinter nos pensées les plus anodines, s’imaginer même que lorsque nous mordons un abricot c’est un peu de leur personne que nous croyons croquer. Ils vont jusqu’à prendre leur cul pour un soleil et nous tournant le dos sous la couette l’imaginer de ses rayons illuminer nos rêves.


liens

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Je vous remercie d’avoir choisi de lire cette critique.

À bientôt!

Le Blog Littéraire

 

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