Un roman français par Frédéric Beigbeder (Prix Renaudot 2009)

Un roman français Frédéric Beigbeder
Un roman français par Frédéric Beigbeder, 256 pages, Le Livre de Poche, 6,60€

Résumé

C’est l’histoire d’un grand frère qui a tout fait pour ne pas ressembler à ses parents, et d’un cadet qui a tout fait pour ne pas ressembler à son grand frère.

C’est l’histoire d’un garçon mélancolique parce qu’il a grandi dans un pays suicidé, élevé par des parents déprimés par l’échec de leur mariage.

C’est l’histoire d’un pays qui a réussi à perdre deux guerres en faisant croire qu’il les avait gagnées […]. C’est l’histoire d’une humanité nouvelle, ou comment des catholiques monarchistes sont devenus des capitalistes mondialisés.

Telle est la vie que j’ai vécue : un roman français.

F. B.


Biographie

Frédéric Beigbeder est né en 1965. Romancier, feuilletoniste au Figaro magazine et directeur de la rédaction du magazine Lui, il est notamment l’auteur de L’amour dure trois ans (1997), qu’il a adopté à l’écran en 2012, 99 francs (2000), adapté au cinéma en 2007, Windows on the World (2003, prix Interallié), Un roman français (2009, prix Renaudot) et Oona & Salinger (2014).


Critique littéraire

« Mon seul espoir, en entamant ce plongeon, est que l’écriture ravive la mémoire. La littérature se souvient de ce que nous avons oublié: écrire c’est lire en soi. »

Dans le cadre de ma formation de libraire, je devais choisir une lecture au milieu d’une liste imposée pour mon examen. Mon choix s’est spontanément porté sur Un roman français de Frédéric Beigbeder – qui s’était déjà retrouvé dans un de mes exposés de groupe sur le prix de Flore, dont ce dernier est le président. C’est donc tout naturellement que je voulus en savoir plus sur le personnage, non en tant que président d’un prix, mais en tant qu’écrivain, que j’avais par ailleurs déjà découvert quelques années auparavant à la lecture de L’amour dure trois ans (adoré, relu et visionné plusieurs fois sur un écran TV).

Tapez sur la tête d’un écrivain, il n’en sort rien. Enfermez-le, il recouvre la mémoire.

En refermant le roman, je me suis surprise à bénir ma professeure d’histoire littéraire et littérature contemporaine pour avoir inclus ce titre dans la liste de choix qu’elle nous a soumise; Frédéric Beigbeder m’a tenue en haleine pendant deux jours consécutifs, et m’a fait littéralement fondre en larmes lors de l’épilogue, où je n’ai pu empêcher l’émotion de monter en visualisation cette scène extrêmement humaine de l’auteur, faisant la paix avec son enfance, reconsidérant les gens qu’il aime, profitant pleinement des merveilleux instants passés avec sa fille et la femme qu’il aime, gardant toujours intacts et remplis de gratitude les souvenirs de son grand-père qu’il visionne avec chaleur et tendresse.

On peut oublier son passé. Cela ne signifie pas que l’on va s’en remettre.

Son histoire, l’auteur a eu l’idée de l’écrire grâce à un scandale qui, un matin, il y a quelques années, avait fait la une des journaux: Frédéric Beigbeder s’était fait surprendre par la police en train de sniffer de la cocaïne sur le capot d’une voiture en compagnie de Simon Liberati, écrivain dont il avait publié le premier roman, et fut placé en détention pendant deux jours. Ces deux journées interminables, il les passera à se souvenir de son enfance, de ses parents, de son éducation, de ses relations. Il s’interrogera sur la société actuelle dont il a vu les libertés du peuple être bafouées et réduites au fil des années. Il en profitera, pour dénoncer sur ses pages, les conditions inhumaines de détention en France, pourtant pays des droits de l’homme. Il fera preuve de courage en se rendant transparent, honnête et sincère face à nous, mais surtout face à lui-même. Il nous fera rire et pleurer. Cette autobiographie est un réel chef-d’oeuvre plus profond et émouvant que la plupart des romans.

C’est tout de même ce qu’il y a de pire au monde: des parents adorables qui font tout pour que vous soyez heureux, et n’y arrivent pas. Ils s’en veulent, s’acharnent, et vous avez honte de ne pas les combler, avec vos bras chargés de présents, honte de faire la gueule, alors que, comme disait le flic du Sarij 8, vous n’êtes « pas à plaindre ». Mon enfance est un peu comme ses soirées ratées où l’on devrait s’amuser: tout est bien organisé (il y a ce qu’il faut à boire et à manger, on passe de la bonne musique et les gens sont beaux et aimables), pourtant la mayonnaise ne prend pas. Quand j’entends Chloë rire en soufflant sur des bulles de savon, j’ai toujours peur. Et si, elle aussi, faisait semblant d’être heureuse pour ne pas me décevoir?


liens

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Je vous remercie d’avoir choisi de lire cette critique.

À bientôt!

Le Blog Littéraire

3 réflexions au sujet de « Un roman français par Frédéric Beigbeder (Prix Renaudot 2009) »

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