Les Clefs de la maison d’Albassa en Galilée par Nabil Naaman

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Les Clefs de la maison d’Albassa en Galilée par Nabil Naaman, 426 pages, La Société des Écrivains, 23,95€ papier / 11,99€ PDF

Résumé

« En somme, en cette année 1970, le couple en formation a autant de points communs, essentiellement d’essences psychologique et névralgique, que de différends et de différences à caractères identitaire et socioculturel. Si Fouad et Sarah s’entendent à merveille sur le plan amoureux, leurs points de divergence sont en revanche patents, voire criants. Ce qui ne laisse envisager aucun avenir à long terme. L’un et l’autre l’ont bien compris et estiment de concert qu’il est inutile de se monter le bourrichon. Mais quand on est jeunes et amoureux, on a tendance à développer une faculté salvatrice: le déni. D’autant que les différends et les différences peuvent autant détruire l’amour que le cimenter. »
Ainsi, malgré les lignes de fracture, les tensions et les pressions, les séparations et les pièges, Sarah l’Israélienne et Fouad le Palestinien construiront leur relation, jusqu’à incarner un exemple de réconciliation et de dialogue. Une relation amoureuse hors du commun, courageuse, tantôt sensuelle, tantôt dramatique – mais toujours évidente -, que N. Naaman suit ici depuis ses premiers instants, à l’aube des années soixante-dix, dans un Paris libertaire. Et le romancier de composer une oeuvre où domine, de part en part, cette profonde espérance que les dissensions peuvent être vaincues par la passion, et que les enfants peuvent, ensemble, dépasser les conflits de leurs parents.


Biographie

Nabil Naaman est cardiologue. Né à Beyrouth (Liban), il vit en France et réside à Paris. Chroniqueur médical bilingue, français-arabe, il milite en faveur de la laïcité et de la francophonie. Membre du Groupement des écrivains médecins (GEM), Les Clefs de la maison d’Albassa en Galilée est son premier roman.


Critique littéraire

« L’écriture n’est-elle pas une éprouvante aventure, où l’on ne peut se trouver qu’en se perdant? »

Dans ce premier roman de Nabil Naaman, on suit une histoire d’amour interdite, entre un palestinien, Fouad, et une israélienne, Sarah.

On suit d’abord l’évolution du couple, leurs difficultés pour se faire accepter par la famille de l’autre, compte tenu de leurs différences religieuses et culturelles. Grands seront les défis à relever pour ces deux tourtereaux fraîchement et réellement amoureux qui vont devoir se battre envers et contre tous s’ils veulent vraiment être ensemble et pouvoir espérer se marier un jour. Mais très vite, les paragraphes jusqu’ici partiellement présents sur des réflexions et des faits relatés concernant la politique, la culture et la religion, prennent rapidement de plus en plus de place pour finir par remplir des chapitres entiers.

J’ai regretté retrouver plus d’avis sur le conflit israëlo-palestinien plutôt qu’une concentration sur l’évolution de l’histoire des personnages qui ont été délaissés à partir des 1/3 du roman, car c’est ce qui m’a empêché de me laisser porter par l’histoire et d’être émotionnellement touchée. J’ai trouvé cela dommage car l’intrigue est parfaite! Ainsi, on peut se permettre de se perdre et de reprendre sa lecture à n’importe quelle phrase que l’on n’aura pas l’impression d’avoir perdu le fil de sa lecture. Il m’a malheureusement été facile de décrocher… De plus, comme ce roman m’a accompagnée juste avant les élections présidentielles françaises, et que je regarde souvent FRANCE 24 en direct sur Youtube où l’on ne parle que de ça, avec tous les faits politiques relevés dans ce roman, cela en a fait trop pour moi.

L’auteur s’intéresse énormément à l’histoire de son pays natal et se sent personnellement concerné par ses événements dans le contexte politique. De ce fait, les éléments historiques racontés tout au long du roman sont extrêmement intéressants, même si j’avoue m’en être vite lassée car ce n’est tout simplement pas mon style de lecture. J’ai également trouvé le roman trop long, même si c’est amplement justifié par toutes les informations que l’on y retrouve. Cependant, malgré l’absence d’action propre aux personnages, le texte ne stagne à aucun moment et reste toujours très fluide.

« Un visage rare n’est pas forcément beau, même s’il l’est le plus souvent. Un visage rare est, en fait, celui que l’on n’oublie pas. Qui vous imprègne et qui peut vous ensorceler. Celui qui vous attache, souvent pour tout une vie. Il est le contraire d’un visage d’un visage banal. Il vous marque. Il vous enchaîne pour toujours. »

Nabil Naaman nous offre une plume très intéressante liant paradoxalement une écriture extrêmement et continuellement poétique – richissime en rimes – avec un langage médical qui renvoie à son métier de cardiologue:

« D’autant que tremper sa plume, pour se raconter ou narrer finement les sentiments humains, est en réalité et également un tourment quotidien. Redoutable certes, mais incontournable. Qui ne sied qu’à celui qui aurait des choses à dire, des souffrances à confier ou une mélancolie à guérir. Ou alors une cause à défendre, un conformisme à pourfendre, une oppression à révéler ou un pardon à quémander. »

C’est un livre que je n’aurais pas terminé, je vous l’avoue, si je n’avais pas rencontré Nabil Naaman dont j’ai adoré la personnalité et avec qui j’ai beaucoup aimé échanger. D’ailleurs, j’ai retrouvé son intelligence et sa capacité à merveilleusement raconter les histoires dans son roman. Pour le remercier de m’avoir consacré du temps à La Foire du Livre de Bruxelles de cette année, je ne pouvais ne pas lui accorder une critique bien constructive sur l’ensemble de son oeuvre sur mon blog.

Même si dans l’ensemble ce n’est pas mon style de lecture, je sens que j’en sors grandie. Les clefs de la maison d’Albassa en Galilée – que je qualifierais d’avantage d’essai historique – est porteur d’une belle morale: appeler l’humanité à la fraternité, au pardon et à la paix. C’est finalement ce qu’ont réussi à faire Fouad et Sarah au sein de leur famille multiculturelle. Nul doute que les amoureux de l’histoire et de la poésie s’y sentiront comme un poisson dans l’eau!

« Il n’y a rien, absolument rien au-dessus de ta vie… Et ta vie n’est pas au-dessus de celle des autres. »


DINING IN TOKYO (3)

Je remercie sincèrement La Société des Écrivains pour leur collaboration ainsi que Nabil Naaman pour notre recontre lors de La Foire du Livre de Bruxelles!

https://www.societedesecrivains.com/la-rencontre-de-la-bloggeuse/

Foire du Livre de Bruxelles


liens

Commander Les Clefs de la maison d’Albassa en Galilée chez La Société des Écrivains

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Je vous remercie d’avoir choisi de lire cette critique.

À bientôt!

Le Blog Littéraire

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