La soupe aux crocodiles par Magali Cervantès

Magali Cervantès
La soupe aux crocodiles par Magali Cervantès, 316 p., BoD, 17,00€

DINING IN TOKYO

Deux femmes : deux histoires de vie.
Myriam survit grâce aux aides sociales et élève seule ses deux enfants dans une cité HLM où elle s’ennuie, jonglant avec l’argent et le regard méprisant des autres, pendant que Marjorie s’épuise au travail dans une centrale téléphonique.
Deux femmes qui se retrouvent prisonnières d’une vie à laquelle elles ne s’attendaient pas, loin des contes de fées, de l’épanouissement et de la réalisation de soi.
Deux femmes ordinaires, positives et combattantes, l’une créative, l’autre intrépide et rebelle, qui veulent avancer, qui inventent, qui bousculent, qui recommencent.
Deux femmes qui refusent de se résigner parce qu’elles veulent une vie meilleure.

Un roman actuel dans lequel l’auteur prend à bras le corps la violence de la société avec lucidité et optimisme.


Biographie

« Après 10 années d’écriture, et cinq livres publiés dont le premier Par delà les nuages aux éditions l’Apart, je vous invite à découvrir mon travail d’écriture qui consiste à mettre en lumière les gens de l’ombre, et plus particulièrement, le combat des femmes.
Tous mes livres parlent de la lutte : lutte politique, luttes sociales et sociétales, lutte pour le pain, la paix et la liberté. Des livres positifs, qui donnent envie d’agir et de se battre, parce que lutter c’est vivre et se résigner c’est mourir. Ce qui m’intéresse : les histoires de vie extraordinaires de gens « ordinaires », les histoires de luttes, les relations humaines, les sentiments, les émotions. Les combats de femmes. Ce qui dérange, interpelle, moleste, ne laisse pas indifférent. »


critique littéraire

« Elle était agacée. Elle dit qu’on ne peut pas allumer la télévision sans recevoir une leçon de morale, elle dit: « comme si on n’était pas assez grand pour savoir ce qu’on a à faire! » C’est du bon sens que de ne pas gaspiller l’eau que l’on paie ou d’éteindre la lumière de la pièce que l’on vient de quitter. Elle ne supporte plus cette société infantilisante qui dit aux gens ce qu’ils doivent faire et ce qu’ils doivent penser, qui sait mieux qu’eux ce qui est bon pour eux et ce qui ne l’est pas, ce qui est bien et ce qui est mal, comme à des êtres irresponsables ou comme à des enfants mal éduqués. »

La soupe aux crocodiles, c’est l’histoire de deux femmes:

Myriam a 32 ans et 2 enfants, Lola et Esteban, qui lui prennent tout son temps. À la mort de son ami Alexandre dans un accident de moto avec qui ils n’avaient pas eu le temps de se marier, elle s’est retrouvée toute seule face à la dureté de la vie. Myriam a envoyé des centaines de lettres de motivation restées sans réponse. Elle vit de ce qu’elle perçoit du RMI et des colis de la banque alimentaire.

Marjorie a 40 ans et est secrétaire médicale, se retrouvant tantôt au centre d’appels, tantôt à la frappe. Elle est mariée à Jean depuis 12 ans avec qui ils ont 3 enfants: Ulrick, Daren et Blanche. Marjorie n’est pas confrontée au chômage mais bien au rendement et au profit qui créé une ambiance de travail qui va jusqu’à détériorer l’état de santé des employés.

Deux femmes, deux situations différentes mais un même combat: celui contre la société actuelle. Deux histoire auxquelles il est facile de s’identifier. Si facile que les lignes défilent sous nos yeux sans que l’on s’en rende compte, littéralement absorbés par le contenu. La soupe aux crocodiles c’est l’histoire de ces deux femmes mais c’est aussi la nôtre.

Tout au long du roman, Magali Cervantès relève et argumente avec brio tout ce qui ne va pas dans notre société actuelle, comme les aides financières qui nous rendent redevables, le rendement et l’appât du gain qui a gagné tous les secteurs même le médical, les bas salaires payés en dessous du SMIC pour une semaine de 50 à 60 heures de travail, le remplacement de l’humain par la machine au nom du profit, notre société de consommation qui utilise le père Noël et la croyance des enfants pour faire douloureusement dépenser aux parents l’argent qu’ils n’ont pas, l’harcèlement psychologique à l’école, les professeurs qui se permettent de dire aux enfants les comportements que devraient avoir leurs parents, le rendement qui entraîne une réduction de personnel, l’âge de la retraite est repoussé alors que les employés qui travaillent pour 2-3 personnes s’épuisent de plus en plus vite et tout ce stress qui se répercute inévitablement dans la vie familiale. Étant soumis au rendement au travail, nous perdons en patience, en amabilité, en sociabilité, en respect et en tolérance.

Nous sommes déshumanisés.

« Myriam dit que les gens qui travaillent s’épuisent parce qu’ils supportent le travail de deux, voire de trois personnes, le travail de ceux qui sont à la rue et qui ne demandent qu’à les aider. »

Le livre est divisé en chapitres composés de petits paragraphes très espacés. Une écriture à gros caractères vient compléter le tout pour un rendu très aéré et très agréable à lire écrit d’une plume simple, réaliste, douce et affirmée. Je l’ai dévoré en l’ayant ouvert 3 petites fois.

Il s’agit de l’un de ses livres que j’avais éperdument envie de lire mais que je ne voulais pas avoir fini, voulant repousser le plus loin possible le moment de tourner la toute dernière page. Un énorme coup de cœur, qui en plus du plaisir de la lecture m’a fait ouvrir les yeux sur les choses que je ne remarquais pas ou pas assez. Mine de rien, ce n’est pas une lecture anodine, mais une lecture enrichissante, libératrice et fortifiante. Un vrai petit chef d’oeuvre.

La soupe aux crocodiles est de loin le livre le plus réaliste et le plus complet qui m’ait été donné de lire sur notre société. Avec une décortication parfaite, intelligente et méticuleuse de l’époque actuelle.

La fin m’a tout de même légèrement laissée sur ma faim… Heureusement qu’il y a une suite avec Des roses rouges sur ma tombe et La fin de l’histoire que j’aimerais vraiment découvrir à leur tour!

« Parce que la religion maintient les gens dans la résignation et la misère en donnant un sens à leur malheur. Parce que tant que les gens croiront que plus ils souffriront, plus ils auront à leur mort une place à la droite du Père, tant que les gens ne verront que comme seule issue la mort pour atteindre le paradis et se libérer de l’enfer de leur vie, ils ne se battront pas pour une existence meilleure. »


Remerciements

J’adresse mes plus chaleureux remerciements à BoD (BOOKS ON DEMAND) pour l’envoi de ce roman.


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Je vous remercie d’avoir choisi de lire cette critique.

À bientôt!

Le Blog Littéraire

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