Ariane par Myriam Leroy

Ariane Myriam Leroy Éditions Don Quichotte
Ariane par Myriam Leroy, 208p., Éditions Don Quichotte, 16,00€

 

 

Résumé

 

«Quand j’ai eu douze ans, mes parents m’ont inscrite dans une école de riches. J’y suis restée deux années. C’est là que j’ai rencontré Ariane. Il ne me reste rien d’elle, ou presque. Trois lettres froissées, aucune image. Aucun résultat ne s’affiche lorsqu’on tape son nom sur Google. Ariane a vécu vingt ans et elle n’apparaît nulle part. Quand j’ai voulu en parler, l’autre jour, rien ne m’est venu. J’avais souhaité sa mort et je l’avais accueillie avec soulagement. Elle ne m’avait pas bouleversée, pas torturée, elle ne revient pas me hanter. C’est fini. C’est tout.»

 

Elles sont collégiennes et s’aiment d’amour dur. L’une vient d’un milieu modeste et collectionne les complexes. L’autre est d’une beauté vénéneuse et mène une existence légère entre sa piscine et son terrain de tennis. L’autre, c’est Ariane, jeune fille incandescente avec qui la narratrice noue une relation furieuse, exclusive, nourrie par les sévices qu’elles infligent aux autres. Mais leur histoire est toxique et porte en elle un poison à effet lent, mais sûr.

 

Premier roman sur une amitié féroce, faite de codes secrets et de signes de reconnaissance, à la vie à la mort.

 

Biographie

 

Myriam Leroy est journaliste, presse et radio, et écrit pour le théâtre. Elle habite Bruxelles.

 

Mon avis

 

« – Mais merde! Merde! Putain! Tu vas me faire crever! Je vais crever! D’ailleurs je me demande si je suis pas déjà en train de crever! Tu te rends compte? Tu te rends compte du mal que tu m’as fait? »

 

Ariane est une nouveauté de janvier 2018 en librairies qui a attiré mon attention grâce à sa couverture simple et élégante, ainsi que par son titre court nous donnant un avant-goût de son contenu. Totalement éprise par la plume de l’auteure et son rythme très entraînant, j’ai ouvert l’ouvrage 2 petites fois.

 

Ariane, c’est une histoire d’amitié très particulière, passant de l’amour à la haine, de la jalousie au rejet, de l’obsession au néant, de l’amitié au mépris. Une relation amicale entre la narratrice – dont on ne saura pas le nom – et Ariane. Elles se sont rencontrées au collège du Saint-Sauveur et ne se sont plus quittées avant de se détruire. Ariane, cette fille si belle, intelligente, riche et quelque peu névrosée. Ariane, cette fille indienne, adoptée à l’âge de 3 ans par la famille Cuvelier, pleine aux as et quelque peu perturbée. De son côté, la narratrice vient d’un milieu modeste où les parents aiment faire semblant du contraire. On assiste à une affinité, une attirance inexplicables entre deux milieux différents de deux personnes du même âge et du même sexe. Une relation destructrice à l’âge innocent de 12 ans où toutes deux ne savent pas encore qui elles sont.

 

Bien sûr, à douze ans, nous étions à peu près toutes coincées dans cette zone brumeuse où l’on ignore la différence entre une pensée propre et le rabâchage péremptoire des opinions des autres.

 

Je me suis laissée porter par cette lecture que j’ai beaucoup appréciée. Néanmoins, son souvenir s’estompera bientôt. J’ai ressenti le manque d’un effet de surprise ou d’une chute inattendue; les formes de l’histoire étaient d’emblée connues. Par ailleurs, la plume de Myriam Leroy m’a réellement marquée et transportée. C’est un délicieux mélange de parfait français méticuleusement travaillé avec des mots crus, francs et authentiques. Les dialogues, surtout, en deviennent très réalistes.

 

C’est un livre intriguant, très bien écrit et à l’ambiance quelque peu spéciale (aux airs d’Antéchrista d’Amélie Nothomb), parfait pour un moment de détente sous le plaid ou au coin du feu!

 

Elle me répétait souvent avec une gourmandise satisfaite: « Nous sommes des bourgeois. »
Ça me faisait le même effet que si elle avait dit: « Nous sommes des nazis. » Je ne comprenais pas où se nichait la qualité de la bourgeoisie. Les livres que je lisais expliquaient que les pauvres étaient des gens bien et les riches des salauds, et en plus nous n’étions même pas riches, alors pourquoi jouer à faire semblant que nous étions des connards: tout cela était à mon sens une parfaite aberration.

 

Liens utiles

 

 

 

 

Je vous remercie d’avoir choisi de lire cette chronique. À bientôt!

Capture

 

 

 

 

 

Marque-page, signet, pierre naturelle

 


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